samedi 1 mai 2010

1er Mai : 200 manifestant-e-s à Châteaubriant

200 manifestant-e-s étaient rassemblés ce matin à Châteaubriant à l'appel de l'intersyndicale. Solidaires, CFDT, CGT et la Confédération Paysanne se sont tour à tour adressés aux participant-e-s à ce 1er mai 2010. Nous reproduisons ci-dessous l'intervention prononcée, pour Solidaires, par Gilles Barracand.


"Cher(e)s ami(e)s et camarades.



Le premier mai est la journée internationale de lutte des travailleurs. C’est pourquoi, mes camarades, en ce 1er Mai 2010, il faut nous lever en masse contre le vrai programme de Sarkozy, qui est :

- La baisse du pouvoir d’achat. 10% de plus pour le gaz, pour le gazoil et l’essence, combien pour nos salaires ?


- L’augmentation du chômage et de la précarité, plus de 35% de chômeurs en plus en un an sur la Zone d’emploi de Châteaubriant ! Chez les petits paysans et chez les salariés, actifs et retraités, l’inquiétude, la désespérance et la misère sociale grandissent.


- Et, enjeu majeur pour le gouvernement et le patronat, la contre-réforme annoncée sur les retraites


Le gouvernement et le patronat, et leurs porte-paroles nationaux et locaux, voudraient nous convaincre qu’il n’est pas possible de faire autrement, que c’est la crise, et que, pour résorber la dette et réduire les déficits publics, les travailleurs doivent subir la régression sociale ! Ils se moquent de nous mais n’oublient jamais de se remplir les poches à coups de millions d’euros.


Allons-nous accepter ce lavage de cerveau ?


A quelles fausses évidences recourent-ils pour nous soumettre ?

Prenons la question des retraites. Nous vivons plus longtemps, donc, nous devrions travailler plus longtemps ! Non, nous le refusons !


En un siècle, c’est vrai et c’est tant mieux, l’espérance de vie a presque doublé en France, et dans le même temps, la durée du travail a été divisée par deux ! Continuer sur la voie du progrès social ne serait-il plus possible maintenant ? Bien sur que si, à une condition, une seule condition, que le profit soit partagé entre tous, qu’ils servent à la satisfaction des besoins sociaux, à l’amélioration des salaires et de petites retraites, l’exact contraire de ce que fait Sarkozy, l’exact contraire de ce que veut le patronat.


Forçons-leur la main !


On nous dit que la sécurité sociale connaît un déficit de plus de 10 milliards € !


Mais, ce qu’on ne nous dit pas


- C’est que la part des salaires dans la valeur ajoutée (supplément de richesse produite chaque année) a diminué de 9% pour les salariés et retraités, pour aller grossir les bénéfices des entreprise et les rentes des actionnaires, ce qui correspond à 135 milliards € (Entre 1980 et 2008).


- C’est que le montant annuel des exonérations de cotisations patronales décidés par les différents gouvernements de droite et de gauche, a été de 42 milliards € en 2009. Ce qui n’a pas empêché les délocalisations …et ce qui a creusé le déficit de la sécu !!!


- C’est que le montant des niches fiscales (exonérations d’imposition dont bénéficient les plus hauts revenus) en 2009 est de 73 milliard €, à quoi s’ajoutent les manques à gagner, pour l’état, dus au bouclier fiscal ( qui n’a pas créé d’emplois), aux facilités accordées aux banquiers et spéculateurs et autres PDG pour placer les richesses détournées dans les paradis fiscaux… Et l’on voudrait nous faire croire que l’on ne peut plus financer les caisses de retraites !!!


Pour espérer s’en sortir, il faudrait que ceux qui le peuvent se constitue une épargne retraite = ils ne manquent vraiment pas d’air !


Recourir à des assurances privées qui placent cet argent dans des fonds spéculatifs, c’est le plus sûr moyen de voir partir en fumée ce capital à la prochaine crise financière. Dans les pays (Royaume Uni et États-Unis) où les fonds de pension ont été institués, avec le krach financier, les retraites capitalisées se sont évaporées…


Pour l’emploi, pour les retraites, même combat !


Depuis 1991 (livre blanc sur les retraites de Rocard), avec constance, ils ont entrepris de massacrer l’un des acquis du Conseil National de la Résistance, la retraite à taux plein avec 37.5 annuités.


Si nous laissons faire la droite et le patronat, c’est 42, 43,44 ou même 45 annuités de cotisations, qu’ils veulent imposer, reculant d’autant plus l’âge légal de la retraite. 67 ans a dit Mme Parisot. Ils savent très bien qu’on ne pourra pas travailler jusqu’à 70 ans, les conditions de travail nous auront usés bien avant, mais ils veulent des retraites amputées qui obligeront à des complémentaires privées.


Et que dire des jeunes qui commencent en moyenne à travailler à 25 ans (quand ils ne sont pas au chômage, comme c’est le cas de plus de 20 % d’entre eux, à temps partiel ou dans un petit boulot précaire) ?


La bataille des retraites qui s’engage doit retrouver tous nos syndicats unis pour refuser toute remise en cause de nos droits actuels à la retraite, toute remise en cause de l’âge légal de départ à la retraite et des annuités de cotisation.


Ce pouvoir sarkozyste, la médiacratie qui nous lave le cerveau, les professionnels de la politique politicienne, tous chantent les prétendues vertus de la mondialisation capitaliste, de l’Europe ultralibérale. Malgré toutes leurs roucoulades sur la moralisation du capitalisme financier, sur la valeur travail ( !), ils nous conduisent à la catastrophe sociale et écologique.


Après avoir renfloué les rentiers spéculateurs, endetté les États, ils veulent faire payer le prix de leur crise aux classes populaires et moyennes. Ils font tout pour nous diviser : racisme, islamophobie, stigmatisation de «l’assistanat » et des pauvres, salariés du privé contre les fonctionnaires, les jeunes contre les vieux …


Pendant qu’ils organisent le cirque médiatique et les coups de mentons sur la « racaille », « les petites crapules » ou « la burqa », les actionnaires, les traders et les PDG gavés de rémunérations mirobolantes, de stocks options et de parachutes dorés, spéculent sur la faillite des États qui les ont renfloués avec l’argent des contribuables : la Grèce aujourd’hui, déjà le Portugal et l’Espagne, la France demain ?


Oui, mes camarades, nous sommes aujourd’hui aux côtés des syndicalistes grecs qui refusent les scandaleuses recettes du FMI : baisse systématique des salaires et des retraites et suppressions des emplois publics.


Oui, mes camarades, c’est quand nous sommes à genoux qu’ils sont grands, c’est quand ils nous crèvent les yeux que nous sommes aveugles à la réalité.


Alors, relevons la tête, retrouvons collectivement notre dignité. C’est nous les salariés qui créons les richesses pas les patrons, prenons nos affaires en main, c’est la seule voie, celle de l’émancipation sociale !


Nous Union syndicale Solidaires sommes avec vous :


ROUGES de colère car les classes populaires ne doivent pas payer la crise du capitalisme !


VERTS de rage contre le productivisme qui détruit l’Homme et la planète !


NOIRS d’espoir pour une société de justice sociale et d’égalité, que nous voulons multicolore, multiculturelle et solidaire !


De nombreuses batailles sont devant nous.


Ensemble, unis et solidaires, nous les gagnerons".




Contact : Gilles Barracand 06 82 55 87 67

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