jeudi 24 juin 2010

24 juin : 60 000 manifestant-e-s en Loire Atlantique.

                                                   Plus de 40 000 manifestant-e-s à Nantes, 15 000 à Saint Nazaire, 1500 à Châteaubriant, 1200 à Ancenis. C'est au total plus de 60 000 personnes qui sont descendues dans la rue aujourd'hui en Loire Atlantique pour affirmer leur opposition à la contre-réforme des retraites. Dans les cortèges, plus de deux fois plus nombreux que le 27 mai, beaucoup de salarié-e-s du privé, tandis que les chiffres de grève dans le secteur public sont très significatifs avec en moyenne un grévistes sur 2. Et une volonté unamine : s'il ne cède pas, on redescendra dans la rue ! C'est le sens des interventions des porte-parole de Solidaires que nous vous invitons à lire ci-dessous.

CHATEAUBRIANT - 1500 Manifestant-e-s

Cher(e)s ami(e)s et camarades.



Ils ont décidé de faire tourner l’envers la roue du progrès social. 62 ans âge légal de la retraite pour celles et ceux qui auront cotisé 41,5 annuités, 67 ans pour ne pas avoir à subir de décote. Après toute une vie de labeur et de subordination, nous n’aurions plus le droit à la retraite en bonne santé avec une pension permettant de vivre dignement.


C’est parce que nous refusons l’inacceptable, et c’est aussi par fidélité aux combats des anciens qui se sont crevés la peau pour ce droit, que nous sommes présents aujourd’hui, à l’appel de l’intersyndicale, pour défendre nos retraites et imposer le droit à une retraite pleine et entière à 60 ans.


En décidant d’agir sur les deux variables les plus défavorables aux salariés : l’âge légal de la retraite et la durée de cotisation, le gouvernement a d’abord satisfait aux demandes répétées du patronat. Pas étonnant que les seuls qui sen soient félicités ce sont les patrons du MEDEF. Et pour cause, dans sa contre-réforme, aucune augmentation des cotisations patronales et 88% des efforts demandés aux seuls salariés.


Soyons clairs, l’objectif de Sarkozy est de faire place nette à un système d’assurance par capitalisation qui ferait le bonheur des fonds de pension. Le report de l’âge légal de la retraite à 62 ans, dans un pays où 38,2 % de la population de 55 à 64 ans est sans emploi, aboutirait évidemment à diminuer dramatiquement le taux des pensions.


L’allongement de la durée de cotisation va dans le même sens. Elle était de 37,5 en 1993, ils veulent la faire passer à 41,5 annuités. Dans une société dans laquelle les jeunes trouvent un emploi de plus en plus tard et où les plus âgés sont licenciés de plus en plus tôt, pas besoin d’être grand clerc pour imaginer le plongeon des pensions. Et la pression pour qu’on se tourne vers le privé avec des retraites complémentaires pour compenser.


Le gouvernement nous a également bercés d’illusions avec la promesse de prendre en compte la pénibilité de certains métiers. La chose se fera en effet. Mais dans l’arbitraire le plus absolu. Selon le projet, la reconnaissance de la pénibilité ne se ferait pas par métier, mais selon une approche individualisée, et à partir d’un diagnostic médical. C’est l’aspect le plus cynique de l’édifice. Seuls les malades ou les corps brisés dûment constatés par un médecin bénéficieraient d’une dérogation. Ce n’est pas la pénibilité qui serait mesurée mais la résistance humaine. On achève bien les chevaux ! Cela aussi, c’est une idée du Medef.


Tout est là : la ficelle de l’exploitation tirée à l’extrême et la règle sociale hachée menue dans l’individualisation.


Alors, mes camarades, il va falloir y aller, il va falloir se mobiliser, il va falloir se castagner pour imposer nos droits et préserver ceux de nos jeunes, en imposant le maintien de l’âge légal de la retraite à 60 ans, avec un temps de cotisations possible et réaliste pour une retraite à taux plein c'est-à-dire 37ans et demi.


Sarkozy a choisi son calendrier, projet de loi devant le conseil des ministres le 13 juillet, Parlement début septembre, dans l’espoir que notre colère s’estompe avec l’été. Il se trompe grave, comme disent les jeunes. Et c’est ce que nous devons lui montrer en préparant les conditions d’un affrontement majeur dès la rentrée de septembre.


Pour les contraindre à céder, il faut se préparer et organiser, dans l’unité la plus large, un puissant mouvement de grève générale dès la rentrée. C’est ce que propose l’union syndicale Solidaires. Parce que nous n’accepterons jamais que la retraite ne redevienne l’antichambre de la mort pour qu’une petite minorité de possédants et de rentiers s’accapare toujours plus la richesse créée par les salariés.


Alors, mes camarades, tous ensembles, pour défendre nos retraites, tous ensembles, pour défendre notre droit à la vivre dignement, tous ensembles, pour gagner !


Contact : Gilles Barracand 06 82 55 87 67
 
SAINT NAZAIRE - 15 000 MANIFESTANT-E-S
 
Camarades, Le président de la République, le premier ministre et le gouvernement annoncent clairement leurs intentions en ce qui concerne la braderie des retraites par répartition et l’abandon de la solidarité entre générations.



Ils répondent ainsi aux exigences du patronat, le Medef en tête, aux exigences des marchés spéculatifs, des banques et des compagnies d’assurance, avides de mettre la main sur la manne des retraites complémentaires.


Camarades, Ainsi, le couperet vient de tomber ! Avec son projet de loi sur les retraites le gouvernement guillotine notre système de retraites par répartition.


Après avoir favorisé la finance, après avoir avancé des milliards pour sauver les banques, après avoir vidé les caisses, l’Etat français se trouve face à des déficits publics catastrophiques.

Ce petit monde du capital et de la finance, pour renforcer son pouvoir, impose à tous les gouvernements européens de maintenir un chômage de masse, pour tirer les salaires vers le bas, et obliger ainsi les salariés à travailler plus longtemps.


C’est pourquoi l’Union Syndicale Solidaires considère que c’est bien une convergence des actions revendicatives à l’intérieur de l’Union Européenne qu’il faut pour maintenir la solidarité entre les générations.

Camarades, C’est pour imposer cette réforme, accompagnée d’une plus grande rigueur à une majorité de la population, que le gouvernement refuse de s’attaquer au problème du chômage et de l’emploi.


Ce projet de loi est une régression sociale programmée sans précèdent :


- Il Interdit de partir à 60 ans et recule à 67 ans l’âge de départ à la retraite


- Il confirme l’augmentation de la durée de cotisation programmée en 1993 et en 2003


- Il programme une nouvelle baisse du niveau des pensions car on rentre de plus en plus tard sur le marché du travail.


- Il endosse la conception patronale de la pénibilité qui reposera désormais sur un constat médicalisé individuel, et non plus sur une définition a priori des métiers et catégories professionnelles. La notion même de pénibilité au travail est, de fait, vidée de son contenu.


- Il remet en cause le sens même de la retraite.


- Il repousse l’espoir de profiter d’une 2ème vie.


- Il va aggraver encore plus le partage très inégal de la richesse produite entre les salaires et les profits


- Enfin, ce projet de loi veut aller encore plus loin en incitant à rester le plus longtemps possible pour compenser en partie la baisse des pensions : mécaniquement, il augmente ainsi le chômage des jeunes, leur apprenant la précarité pour qu’ils acceptent ensuite n’importe quel emploi à bas salaire, avec ses mauvaises conditions de travail à l’avenant.


Camarades, Avec ce projet de loi le Président de la République stigmatise une fois de plus les fonctionnaires en augmentant leurs taux de cotisations, ce qui va de fait faire baisser leurs salaires.


Avec ce projet de loi il faut "travailler plus, pour vivre moins". C’est l’équité à la mode "Sarkozy".


Camarades, Le président de la République et ses acolytes, le Medef en tête, veulent liquider les acquis du Conseil National de la Résistance. Depuis sa création en mai 1943, son programme de solidarité nationale a constamment été remis en cause par les forces patronales et réactionnaires, aidés en cela par les réformistes de tous bords.


Assez de palabres, Camarades! Pour sortir de la crise la France doit s’appuyer sur un service public fort. C’est pourquoi il faut non seulement arrêter les politiques de privatisation destructrices d’emplois, mais au contraire nationaliser les banques, les assurances et toutes ces grandes entreprises qui gagnent trop d’argent pour le seul profit d’un actionnariat avide et irresponsable.


Arrêtons de privatiser les profits et de nationaliser les pertes !


Nous devons exiger une autre politique du travail et de partage du temps de travail.


Nous devons exiger une autre répartition des richesses


Camarades, pour l’Union Syndicale Solidaires, seule une mobilisation de grande ampleur à la rentrée pourra faire reculer ce gouvernement. Les journées saute mouton …on a déjà fait.


C’est la grève générale qu’il faut construire, reconductible, avec le blocage du pays.


Ça doit péter, la peur doit changer de camp.


Mais cela suppose toujours d’afficher un front uni et des objectifs communs.


Camarades, Tous les ingrédients sont maintenant réunis pour une mixture qui ne demande qu’à exploser ! Ce gouvernement est déterminé et cherche l’affrontement : Il faut répondre "présent"!


Et nous répondons "résistance" !


YA BASTA !!!

 
Agostinho Guerra

NANTES - 40 000 MANIFESTANT-E-S

RETRAITES : IMPOSER LE RETRAIT D'UN PROJET DE LOI INACCEPTABLE!


Le couperet est tombé. Eric Woerth a annoncé le mercredi 16 Juin la mise à mort de la retraite à 60 ans et le passage de l'âge légal de départ à 62 ans.Dans le même temps, la durée de cotisation continuera d'augmenter jusqu'à 41,5 ans en 2020. L'augmentation des cotisations des fonctionnaires équivaut purement et simplement à une baisse de salaire, la première depuis le gouvernement Laval de 1935!Toute reconnaissance de la pénibilité est évacuée. Pour celles et ceux qui ont connu chômage, précarité et interruption de travail, l'âge pour toucher une pension sans décote est repoussé à 67 ans!

Les inégalités qui frappent les femmes dont les retraites sont déja largement inférieures à celles des hommes seront encore renforcées.Quant aux jeunes qui cumulent galère, chômage et petits boulots, la réforme Woerth-Fillon-Sarkozy leur prépare des retraites de misère!

Le gouvernement a vraiment décidé de taper fort sur tous les salariés, et sur tous les paramètres!

Ce projet maintient et même aggrave le partage très inégal de la richesse produite, entre les salaires et les profits. Les quelques recettes supplémentaires ne changeront rien au fait qu'une petite minorité de possédants et de rentiers s'accapare toujours plus la richesse créée par les salariés. En refusant toute augmentation des cotisations patronales, et une baisse correspondante des dividendes versés aux actionnaires, le gouvernement a clairement choisi le capital contre le travail.

Ce n'est pas le moment de tergiverser. C'est le moment de jeter toutes nos forces dans la bataille parce que c'est maintenant et sur ce terrain des retraites que se joue le rapport de forces entre une poignée de capitalistes et un gouvernement tout à son service d'un côté et l'immense majorité de la population qui refuse de traviller plus longtemps de l'autre.

Notre défaite signifierait , outre un recul historique de nos droits, une confaiance accrue pour les dirigeants de ce pays. Elle les mettrait en position de force pour nous faire payer leur crise, dans la lignée de ce qui se passe actuellement dans les autres pays européens.

Le gouvernement doit recevoir immédiaterment le réponse à ce projet de loi. Cette réponse doit être massive et catégorique. sa réforme des retraites qui veut faire baisser le niveau des pensions et allonger le temps passé au travail , c'est NON, NON et NON ! Ce projet n'est ni négociable, ni amendable; nous en exigeons le retrait pur et simple!

Nous savons très bien que seule une mobilisation sociale d'ampleur pourra faire reculer le gouvernement, comme celle qui avait conduit au retrait du CPE du gouvernement De Villepin en 2006. La journée unitaire de grèves et de manifestations d'aujourd'hui doit s'inscrire dans cette perspective; le 24 Juin est une première riposte aux annonces du gouvernement,elle est une première riposte s'inscrivant dans un véritable plan de mobilisation.

Le rendez-vous suivant ne peut attendre ni la mi ou la fin Septembre. Pour ne pas laisser retomber la pression, nous avons besoin , dès maintenant, d'une stratégie claire qui permette de construire une grève générale, un mouvement prolongé de blocage de l'économie qui puisse mettre le gouvernement à terre.

A nous, tous ensemble, de maintenir et faire grandir un climat de mobilisation générale, y compris pendant tout l'été, afin d'être prêts pour le débat parlementaire qui débutera le 6 septembre.

Oui, il faut se préparer dès maintenant à un affrontement majeur avec un gouvernement qui veut frapper vite et fort. face à un gouvernement déterminé, les salarié-e-s doivent être encor plus déterminé-e-s.

L'Union Syndicale SOLIDAIRES réaffirme cette exigence: c'est maintenant et dans l'unité dans la plus large que doit se préparer la suite: UNE GREVE GENERALE A LA RENTREE !

Ce n'est qu'à ce prix que nous gagnerons TOUS ENSEMBLE !



Jean Brunacci

Déclaration de l'union syndicale Solidaires au soir du 24 juin :

Le nombre d’arrêts de travail dans le secteur privé, les chiffes de grèves dans le secteur public, le nombre de manifestant-es (deux millions) dans tout le pays : tout indique qu’un saut qualitatif important a été franchi dans la construction du rapport de forces.


Le gouvernement misait sur l’approche de la période estivale pour afficher le soutien de la population à son projet, il en est pour ses frais !


Les manifestant-es ont exprimé leur refus de l’injustice que constitue ce projet de loi. Le gouvernement a pendant des mois martelé dans sa propagande que ce serait une réforme juste, faite au nom de l’équité : depuis la publication du projet de loi le 20 juin dernier, chacun et chacune a pu mesurer que cette réforme était profondément injuste et qu’elle pénaliserait les salariés les plus défavorisés, les moins bien payés, les plus précarisés, en particulier les femmes et les jeunes générations. Cette réforme est faite sur mesure pour « rassurer les marchés » financiers ; elle s’inscrit dans le plan d’austérité que le gouvernement veut nous faire avaler : report de l’âge légal de la retraite, allongement du nombre d’annuités, baisse du niveau des pensions, blocage des salaires des fonctionnaires, nouvelles annonces de suppressions massives d’emplois dans la fonction publique… Pendant ce temps, une minorité de privilégiés, les actionnaires et les grands patrons, s’enrichissent toujours plus.


Oui, il est possible de financer notre système de retraite par répartition, de maintenir les 60 ans et les régimes spéciaux, de revenir sur les réformes de 1993, 2003 et 2007 : pour cela, il faut une autre répartition des richesses !


Pour l’Union syndicale Solidaires, la pression sur le gouvernement doit se développer pour lui imposer le retrait de ce projet de régression sociale.


Pendant l’été, les initiatives doivent se poursuivre dans tout le pays, en particulier autour du 13 juillet, lors de la présentation en conseil des ministres du projet de loi. Le succès d’aujourd’hui doit permettre de nouveaux rendez-vous de grève interprofessionnelle pour la rentrée.


Pour imposer le retrait de ce projet, il faut préparer un mouvement d’ensemble, une grève générale : c’est le rapport de forces qui obligera le gouvernement à céder. Pour l’Union syndicale Solidaires, c’est lors du démarrage du débat parlementaire en septembre que nous devrons construire une mobilisation encore plus forte. Dans ce sens, l’Union syndicale Solidaires proposera lors de la prochaine intersyndicale qu’une date de mobilisation interprofessionnelle le plus tôt possible en septembre soit d’ores et déjà fixée.

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