mardi 7 septembre 2010

7 septembre : plus de 100 000 manifestant-e-s en Loire Atlantique, une même exigence retrait du projet gouvernemental !


« Manifestation monstre à Nantes » titre Ouest-France. « La place de l’Amérique Latine est noire de monde à Saint Nazaire depuis une heure » annonce Presse-Océan. 3 000 manifestant-e-s à Ancenis, 2000 à Châteaubriant où « les cortèges étaient plus importants que lors du dernier rassemblement pour défendre les retraites » soulignent Presse Océan.


Si la police n’a compté que 40 000 manifestant-e-s à Nantes, contre 27 000 le 24 juin, nous étions en réalité 80 000 à défiler. A Saint Nazaire, la barre des 20 000 manifestant-e-s a été passée, tandis que nous étions 3000 à Ancenis et près de 2000 à Châteaubriant.


Une certitude, le cap des 100 000 manifestant-e-s a été dépassé en Loire-Atlantique. Et une volonté largement partagé, il faut très vite envisager la poursuite de la grève pour maintenir la pression la plus forte possible et faire céder un gouvernement de menteurs et de corrompus qui ne comprend que le rapport de force !

Dernière minute : hier soir des responsables de Solidaires ont lancé un appel à un nouveau rassemblement ce mercredi 8 septembre à 18h30 Place du Commerce à Nantes pour riposter sans délai aux annonces  que fera Sarkozy.


Ci-dessous les interventions des porte-parole de Solidaires aux rassemblements de Nantes, saint Nazaire et Châteaubriant. (Nous n’avons pas reçu le texte de l’intervention de Christine Horé à Ancenis)



Nantes : intervention de Sabine Dupuy


Relèvement de l’âge légal de la retraite, baisse des pensions par le report de l’âge de décote, allongement de la durée des cotisations nécessaire pour une retraite à taux plein. Les solutions du gouvernement ne s’en prennent qu’à une seule classe sociale, celle des travailleurs, des travailleuses, des salarié-es en activité, en retraite, au chômage, des jeunes.  Nous devrions payer une crise qui n’est pas la nôtre, mais bien celle du système capitaliste.  Secteurs privés, secteurs publics, nous sommes tous concernés.
D’autres choix sont possibles




L’âge de la retraite, le niveau des pensions, le nombre d’années de cotisations, ne sont ni le résultat d’un calcul démographique, ni l’expression d’un équilibre économique neutre, ce sont des choix politiques.


Le maintien de l’âge actuel de départ en retraite, c’est possible !
Le départ anticipé pour les travaux pénibles, c’est possible !
37,5 annuités pour une retraite à taux plein, c’est possible !
Le maintien des régimes spéciaux, c’est possible !
L’indexation des pensions sur les salaires, c’est possible !
Pas de retraites inférieures au SMIC, c’est possible !


Parce que :
- 212 milliards d’Euros de bénéfices pour les entreprises du CAC 40 entre 2007 et 2009.
- 3 milliards par an de « niches fiscales »réservées aux 1% plus riches
- 15 milliards d’exonérations de cotisations sociales (stock options, intéressement, mesures pour l’emploi.
- 36 milliards de dividendes distribués aux actionnaires des entreprises du CAC 40 en 2009
- Entre 2004 et 2007, les 0,01% les mieux payés ont gagné 40% de plus.

De l’argent il y en a pour assurer la pérennité du système de retraite par répartition ? Nous sommes là pour l’exiger.
Ce projet de réforme des retraites est inacceptable, il doit être retiré.


Et c’est bien pour cela qu’ensemble à l’appel de tous les syndicats et dans toutes les villes de France nous sommes en grève et dans la rue. Dès demain l’ensemble des organisations syndicales vont se retrouver à Paris. Nous le savons, le gouvernement a fixé un calendrier très court pour éviter la mobilisation et le débat citoyen sur ce dossier. Nous ne pouvons pas nous laisser piéger par ce calendrier.


C’est pour cela que Solidaires appelle toutes celles et ceux qui veulent sauver notre système de retraite à se rassembler dès demain en assemblée générale pour envisager la poursuite de la grève pour maintenir la pression la plus forte possible et faire céder un gouvernement de menteurs et de corrompus qui ne comprend que le rapport de forces.


Saint Nazaire : intervention d’Agostinho Guerra


Nos régimes de retraite sont malades de ses contre-réformes !


Depuis 1993, d'attaques en contre-réformes, les régimes de retraite sont mis à mal tant pour les salariés du privé, que pour ceux du public, entraînant une baisse des pensions de 20% en moyenne. Ce n'est pas encore suffisant pour ce gouvernement et un patronat qui veulent faire sauter le verrou de l'âge légal de départ à 60 ans Le passage à 62 ans n'est sans aucun doute qu'une étape. Il suffira juste à l'avenir de faire voter un amendement à la sauvette, pour passer à 63, 64 ou 65 ans ! Il est clair que ce projet de loi est une véritable provocation, et que cette nouvelle attaque contre notre système de retraite par répartition est là pour préparer le terrain aux retraites par capitalisation.


Cette journée est un véritable succès qui marque un tournant dans la mobilisation. Pour SOLIDAIRES, ainsi que pour l’ensemble des organisations syndicales, le projet du gouvernement n’est ni amendable, ni négociable, c’est pourquoi il faut exiger son retrait ! Nous l'avons dit et répété lors des précédentes actions intersyndicales : seule une mobilisation sociale de grande ampleur, qui redonne confiance, pourra faire reculer ce gouvernement. Il est de la responsabilité des organisations syndicales que ce mardi 7 septembre 2010 ne soit pas une nième journée d'action, mais qu’il s'inscrive dans la perspective d'une grève générale, d'un mouvement d'ensemble prolongé, paralysant le pays, seul à même de nous faire gagner le retrait de ce projet de loi inique.

La crainte doit changer de camp.


Il faut passer du fatalisme à l’envie d’en découdre, de lutter, de continuer à crier notre colère. A l’Assemblée Nationale nos "représentants" doivent entendre la colère et la révolte de la rue. Le peuple qui manifeste ne doit pas être tenu à l'écart de décisions aussi importantes. Ce gouvernement n'est pas décidé à abandonner son projet facilement. Il ne le fera que contraint et forcé. Et nous en avons les moyens car nous sommes les plus nombreux.


Il faut construire un affrontement autour d'exigences simples:


- retrait de cette contre-réforme,
- pas touche aux 60 ans, à la catégorie active à 55 ans, et son extension au privé ;
- pas de retraite inférieure au SMIC,
-l ’indexation des pensions sur les salaires,
- refus de tous les plans d'austérité qui font le lit de la dette et des vautours qui s’en nourrissent.
- et prenons l'argent là où il est : dans la poche d'une minorité de privilégiés irresponsables qui se gavent de profits sur notre dos.


La défense des retraites passe aussi par la défense de l'emploi et des salaires ! Il est encore possible d’arrêter ces régressions sociales, d’améliorer nos retraites, d’aller vers l'égalité hommes/femmes, à condition de s'attaquer aux racines du mal : le partage des richesses, et la création et la création d'emplois stables et bien rémunérés dans le public comme dans le privé, seul à même d’offrir un avenir pérenne à nos enfants.


Nous ne sommes pas des variables d’ajustement économique, et nos retraites non plus ! Il va bien falloir qu’ils le comprennent !!! Parce que chez ces gens-là on ne compte pas ! On ment et on triche !


Châteaubriant : intervention de Gilles Barracand


Cher(e)s ami(e)s et camarades.


Avec cette nouvelle prise de parole sur les retraites, je voudrai parler des jeunes, car seront eux les plus toucher si cette réforme se met en place et c’est bien une transformation inacceptable de notre société qui se profile … Voilà des extraits de l’appel des Jeunes :


La retraite, une affaire de jeunes !
Jeunes, nous sommes attachés au droit à une retraite à 60 ans financée par répartition ! Allonger la durée de cotisation ? Pour nous, c’est non !


Le système de retraites doit prendre en compte l’évolution de la société !


Nous réclamons des réformes qui garantissent nos droits sociaux, et nous souhaitons faire évoluer le système pour mieux prendre en compte l’évolution de la société et pérenniser le système par répartition.


L’allongement de la durée des études et le recul de l’âge moyen d’entrée dans un emploi stable (27 ans) conduisent les jeunes à commencer à cotiser plus tard que par le passé. Nous exigeons :


• la validation des années d'études et de formation dans le calcul des annuités ouvrant droit à la retraite, afin d’offrir à chaque jeune la garantie de pouvoir étudier sans être inquiété par son avenir, même lointain ;


• la validation des périodes de stages, intégrée dans une véritable règlementation contraignante (rémunération à 50% du SMIC dès le premier mois, reconnaissance et encadrement dans la formation) ;


• la validation des périodes d’inactivité forcée, et la prise en compte la situation des jeunes en situation d’insertion professionnelle pour qui l'enchaînement de stages, de CDD, d’emplois à temps partiel, de périodes d’intérim ou de chômage conduisent à accumuler des droits à retraite très incomplets.


Voilà mes camarades, après ces extraits de l’appel des jeunes, nous pouvons dire que par petits bouts, à tour de rôle, toutes les catégories voient leurs conditions se dégrader, chaque recul de l’une servant à justifier le recul de la suivante, avec une double, voire triple peine pour les femmes, les travailleurs précaires et ceux qui sont restés longtemps au chômage. En condamnant les salariés âgés à travailler toujours plus tard, on aggrave les difficultés d’entrée dans la vie active des jeunes !


Commencée sur la base d’un mensonge grossier « il n’y a qu’une solution, travailler plus », la contre-réforme Sarkozy-Fillon-Parisot s’achève en prévoyant un nouveau hold-up sur la richesse produite par les travailleurs. Le gouvernement et le patronat ont nié la possibilité de trouver de véritables sources de financement supplémentaire parce qu’ils entendaient conserver « l’acquis » des classes possédantes au cours des dernières décennies.


La baisse historique de la part salariale dans la richesse produite est entérinée. Pourtant, la soumission à cotisation des revenus financiers distribués par les entreprises à leurs actionnaires et créanciers permettrait de réunir des ressources supérieures au déficit de toutes les caisses de retraite, et cela dès aujourd’hui et pour demain. Le gouvernement se contente de prévoir un prélèvement sur le capital ridiculement bas de 3,7 milliards en 2010 alors que le déficit annoncé dépasse 32 milliards. Au-delà des contrevérités que gouvernement et patronat assènent quotidiennement en matière de financement des retraites, ce qui est en jeu, c’est la place du travail dans la vie, la place des travailleurs et des retraités à qui il n’est reconnu que le devoir d’exister comme subordonnés à l’exigence du capital et uniquement comme tels. Ce qui est en jeu aussi, c’est le type de développement humain qui est promu : à la nouvelle contre-réforme des retraites correspond un modèle d’où est exclue la possibilité d’utiliser les gains de productivité pour réduire la durée du travail et dans lequel la société est vouée à jamais au productivisme.


Tout cela serait simplement absurde si cela n’intervenait pas dans un moment caractérisé par une crise majeure, inédite par les multiples dimensions qu’elle comporte, du financier à l’économique, du social à l’écologique, et du politique au culturel. En un mot, la destruction progressive des retraites par répartition est la figure de proue de la stratégie des classes dominantes cherchant à faire d’une pierre deux coups : faire payer la crise aux salariés, aux retraités et aux populations les plus fragiles, et trouver de nouveaux espaces à la marchandisation et à l’accumulation financière. Ce n’est pas simplement absurde, c’est mortifère pour la société, c’est une société dont nous ne voulons pas !


C’est pour cela qu’ensemble à l’appel de tous les syndicats et dans toutes les villes de France nous sommes en grève et dans la rue. Dès demain l’ensemble des organisations syndicales vont se retrouver à Paris. Nous le savons, le gouvernement a fixé un calendrier très court pour éviter la mobilisation et le débat citoyen sur ce dossier. Nous ne pouvons pas nous laisser piéger par ce calendrier. C’est pour cela que Solidaires proposera un nouveau rendez-vous interprofessionnel très vite, dès la semaine prochaine, pour maintenir la pression la plus forte possible et faire céder un gouvernement de menteurs et de corrompus qui ne comprend que le rapport de forces.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire