samedi 25 décembre 2010

Relocalisation du CHU de Nantes sur l'Ile de Nantes : privatisation déguisée ?


Il faut resituer le transfert du CHU sur l’Ile de Nantes dans le contexte plus général de la mise en œuvre de la loi Hôpital, Patient, Santé et Territoire (HPST) et de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS). La loi HPST à l’initiative de Roselyne Bachelot est largement contestée par la majorité des organisations syndicales de médecins et de salariés car elle remet en cause la démocratie sanitaire. L’un de ses objectifs est la privatisation du service public.


La loi LFSS, elle, encadre les dépenses hospitalières. Le taux d’augmentation des dépenses est tous les ans inférieur au besoin de financement. Ainsi en 2011,la hausse des dépenses de santé devra être contenue à 2.9%, contre 3% en 2010. Déjà, une réduction de 450 millions d’euros du budget des hôpitaux est exigée. Pas de quoi nous rassurer, nous, personnels hospitaliers qui savons que lutte contre les déficits signifie suppressions de postes. Nous en faisons ici comme ailleurs les frais depuis plusieurs années.


Aussi de notre point de vue, le débat sur le transfert du CHU doit se poser à deux niveaux : sa localisation et sa capacité d’accueil.


Si Sud est d’accord sur la relocalisation du CHU sur l’Ile de Nantes (avec un développement d’un réseau de transport en commun et des parkings, comme envisagé par la municipalité), SUD est opposé au transfert du CHU sur le site de l’Hôpital Laennec car, l’offre de soin serait essentiellement concentrée au Nord de l’agglomération, laissant la part belle aux Nouvelles Cliniques Nantaises au sud (pas le syndicat !!). Enfin, la proximité de la faculté de médecine, des instituts de formation paramédicaux milite en ce sens.


En revanche, le débat sur la capacité d’accueil nous paraît autrement plus important car la diminution envisagée du nombre de lits du CHU, pose le problème de ses possibilités futures de réponse aux besoins sanitaires de la population . Actuellement, le CHU dispose de 1650 lits. Le projet Ile de Nantes a été élaboré à partir d’une capacité de 1400 lits afin de tenir compte d’une évolution ( ?) des modes de prise en charge (développement des soins ambulatoires et de l’hospitalisation à domicile) et d’une augmentation de la population. Ces projections restent incertaines ?  Pour sa part le Ministère a proposé initialement 1200 lits et doit rendre son arbitrage début 2011.


Pour SUD, compte tenu de l’incertitude des prévisions, le CHU de Nantes ne doit pas diminuer son nombre de lits si le secteur privé ne réduit pas proportionnellement le sien.


Au total, c’est l’Agence Régionale de Santé (ARS) qui a autorité sur la planification de l’offre de soins via le Schéma Régional d’Organisation des Soins (SROS).Elle ne doit pas rester muette !


Pour SUD, le CHU de Nantes doit maintenir sa capacité actuelle si l’ARS ne valide pas une diminution de lits dans le secteur privé lucratif.


Dans le cas contraire, si ces prévisions s’avéraient fausses, le CHU serait dans l’incapacité de répondre à la demande de soins. Les patients seraient alors dirigés vers le secteur privé qui n’attend que cela pour engranger des profits au bénéfice de ses actionnaires. Car ce dernier, en l’état actuel de nos connaissances n’envisage pas une réduction de son offre…


… Soit une privatisation déguisée de l’offre de soins

SUD Santé Sociaux CHU Nantes

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