mardi 11 octobre 2011

11 octobre en Loire Atlantique : plus de 10 000 manifestant-e-s dans les rues d'Ancenis, Châteaubriant , Nantes et Saint Nazaire. Un autre partage des richesses, c'est la seule réponse alternative légitime.


- 200 manifestant-e-s à Ancenis, avec une importante délégation de postier-e-s en grève.
- 200 également à Châteaubriant, où, après les prises de paroles de Solidaires, CFDT et CGT, un message de soutien aux 95 salariés de la FOCAST, fonderie castelbriantaise, menacée de liquidation
- entre 3000 et 4000 à Saint Nazaire
- près de 7000 enfin à Nantes,
la journée intersyndicale de mobilisation appelée unitairement par CGT, CFDT, FSU, UNSA et Solidaires aura permis une première expression du refus du plan d'austérité du gouvernement Sarkozy-Fillon. Mais il faudra taper plus fort pour contraindre gouvernement et patronat à reculer et à satisfaire les priorités sociales. C'est ce qu'ont affirmé les quatre porte-parole de Solidaires dans chacun des rasssemblements.

Nous vous invitons à lire ci-dessous l'intervention prononcée à Ancenis :


"Il y a trois ans la Banque Lehmann Brother chutait, marquant le début officiel de la crise financière du système néo-libéral et capitaliste. Les vrais responsables, les dirigeants des grandes entreprises et des banques qui amassent des fortunes colossales à la sueur de leurs salariés ou sur le dos des petits épargnants, dérèglent leur propre système en jouant au jeu dangereux de la spéculation. Depuis des décennies, les salariés voient leurs revenus baisser, leurs cotisations sociales dilapidées aux profits des revenus du Capital. Pour faire supporter cet appauvrissement de la plus grande partie de la population, ils l’ont incité à recourir aux emprunts, facilitant l’accès au crédit et créant l’illusion que l’on peut vivre décemment même en période d’austérité salariale. Pendant que les plus pauvres se sur endettent, les plus riches spéculent sans complexes, jouent la vie et la mort des entreprises et au-delà, celle des salariés, pour des rendements boursiers juteux à court terme, mais « pourris » pour reprendre un terme qu’ils ont eux-mêmes inventé.



Aujourd’hui, les cours de leurs bourses s’effondrent, mais loin d’annoncer la fin nécessaire du capitalisme, cela ressemble surtout aux soldes d’hiver, à la foire aux affaires. Les voleurs du CAC 40 ou autre Dow Jones ont inventé une pseudo autorité morale – les agences de notations – chargée de jouer les pères fouettards, mais qui comme par hasard ne s’en prennent pas aux vrais responsables, mais aux États ou, plus précisément à leurs services publics et aux populations en tant que contribuables, salariés, consommateurs.


La ficelle est de plus en plus grosse. L’exemple du récent plan de rigueur de 11 milliards d’euros en France est, à ce titre significatif. Pour faire illusion, les grandes fortunes ont amusé la galerie en demandant à être taxée pour participer à l’« effort national », mais au final, elles ne paieront qu’une toute petite contribution symbolique et temporaire, tandis que les salariés paieront plein pot, notamment au travers des mutuelles. Mais le gouvernement qui dit que son remède purgatif est indispensable, négocie en douce avec les banques pour leur refiler un magot au moins équivalent aux économies prises sur la population ! Il s’agit là encore d’une arnaque du même tonneau que les contre-réformes des retraites – que Fi’on veut durcir – ou les plans de rigueur sur la Sécurité Sociale qui ne profitent qu’aux fonds de pensions ou encore le démantèlement des services et entreprises publiques.


Cette vaste escroquerie qu’ils appellent Crise, c’est plus que du vol, c’est un véritable crime contre l’humanité tant la majeure partie de la population mondiale est conduite à la misère et au chômage, voire bien plus quand on regarde du côté du Tiers Monde.


Un autre partage des richesses, c'est la seule réponse alternative légitime.


Elle exige une autre répartition entre salaires et profits, un droit effectif à l’emploi par une réduction du temps de travail avec embauches correspondantes, une réforme fiscale radicale et le développement des services publics. Elle exige aussi de mettre fin aux exonérations d’impôts des plus riches, de taxer véritablement les revenus du capital, de lutter contre la fraude fiscale et les spéculateurs. Elle exige également la socialisation du système bancaire, la satisfaction des besoins sociaux fondamentaux en articulant impératifs écologiques et garanties sociales pour les salarié-e-s.


L’indignation doit conduire à une mobilisation qui soit à la hauteur des attaques des capitalistes et des gouvernements à leurs bottes. On voit une révolte monter dans bon nombre de pays que ce soit au travers de mobilisations syndicales ou des mouvements dit « des indignés ».


Pour l’Union syndicale Solidaires, la journée interprofessionnelle du 11 octobre, les mobilisations du 27 septembre dans l’Education, celle des retraité-e-s le 6 octobre, celle des chômeur/ses le 8 octobre, les grèves nombreuses tant dans le secteur public que dans le secteur privé... (les postiers d’Ancenis, en grève à 98%, le montrent aujourd’hui) s’inscrivent dans une dynamique qui doit mener à un mouvement social d'ampleur.


Mais il faudra bien plus qu’une petite journée de manifestation en centre-ville pour faire bouger les choses. Les patrons et les banquiers connaissent notre indignation et cela ne leur arrachera même pas une petite larme de compassion. Les organisations syndicales ont le devoir de se rassembler et de mobiliser pour un mouvement qui fasse vraiment peur au camp des spéculateurs et des patrons, dès maintenant et sans attendre qu’en 2012 vienne un ou une Messie. Ce genre d'alternative, on connaît et on l’a déjà vu à l’œuvre. Le mouvement syndical doit se souvenir qu’il n’a pas à se laisser abuser par les marchands de promesses politiciennes et que seule l’autonomie du mouvement social est garante de progrès sociaux.


Il faut, plus que jamais, unir nos forces et coordonner nos luttes !"

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