vendredi 7 octobre 2011

Pourquoi sommes-nous là ! Lettre ouverte aux passants distribuée par les syndicalistes de SUD Santé-Sociaux des établissements privés non lucratif


Madame, Monsieur,
Nous travaillons aujourd’hui dans des établissements privés non lucratif : hôpitaux, centre accueillant des adultes ou enfants handicapés, Maison de retraite, EHPAD (établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes)....


Nous intervenons auprès des personnes malades, âgées, des jeunes, des familles en difficultés. Ce que l’on appelle généralement des soignants, des travailleurs sociaux, sans oublier tous les autres corps de métiers nécessaires au fonctionnement de nos institutions, personnels administratifs, logistiques, de rééducation, techniques….


Aujourd’hui, ces établissements gérés par des associations ou des mutuelles sont financés par la Sécurité Sociale et/ou la solidarité départementale (conseils généraux). Depuis, quelques années, on assiste à une baisse de nos budgets.
De plus, à cause, notamment, de la loi HPST (hôpital, patients, santé, territoire), dite loi Bachelot, le gouvernement veut ouvrir ces activités sanitaires, médico-sociales et sociales au secteur marchand (privé lucratif).



Cette loi implique des fusions et/ou des restructurations, avec de nombreux plans sociaux. L’objectif des Agence Régionale de Santé (ARS) et de nos employeurs, c’est d’être compétitifs face aux autres. Pour cela, il faut rechercher la moindre économie, en premier lieu sur la masse salariale.

Nous sommes mobilisés, aujourd’hui, demain et après demain, à l’occasion du congrès des employeurs de la FEHAP, qui se tient à Lyon en ce moment, les 5, 6,7 octobre. La FEHAP (Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne) représente l’une des plus importantes conventions collectives de la branche des associations sanitaires et sociales. Elle regroupe 1590 institutions et plus de 220 000 salariés.


La FEHAP a décidé de dénoncer sa convention collective nationale, qui date du 31 octobre 1951 (CCN51), les organisations syndicales ayant refusé de signer après 15 mois de négociation, le projet de révision de la convention proposé par les employeurs. Ce projet s’attaque aux acquis sociaux, aux rémunérations, déjà fortement abaissées depuis quelques années.


Mais comment les salariés peuvent-ils accepter, une fois de plus, une baisse de leur rémunération par la remise en cause de l’ancienneté, ainsi que la perte de nombreuses autres garanties conventionnelles.


Ça suffit ! Nous refusons de perdre des acquis conventionnels, qui correspondaient à une reconnaissance de nos métiers, de nos qualifications et de la qualité du service rendu. Aujourd’hui, nous ne sommes plus qu’une variable d’ajustement ….. Nous sommes pressurés, nous travaillons en sous effectif, croisant les doigts pour qu’il n’arrive rien. Les conditions de travail ne cessent de se dégrader et la souffrance au travail est présente dans la plupart de nos établissements.


Si nous manifestons aujourd’hui, c’est pour défendre, certes, nos salaires. Mais aussi, pour exiger de vivre et de travailler décemment, afin de garantir partout et pour toutes les personnes accueillies dans nos établissements, un accueil et une prise en charge de qualité… Nous sommes tous concernés, car demain cette personne, sera peut être vous, un membre de votre famille, un ami….


Merci de nous soutenir !

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