jeudi 5 avril 2012

Colère et mobilisation à La Poste. A l’appel de SUD, CGT, CFDT et CFTC, une centaine de postier-e-s manifeste devant la Direction Courrier à Nantes.


Ambiance lourde pour la centaine de postier-e-s présents cet après-midi devant la direction de La Poste, rue René Viviani à Nantes, à l’appel des syndicats CFTC, CFDT, CGT et SUD.. Tous dénoncent les pressions au travail et l'absence de dialogue social. Les factrices et facteurs de Carquefou/St Luce, en grève depuis 3 jours contre 3,25 suppressions d'emplois, témoignent du blocage complet des négociations. « La Poste veut nous faire croire qu’elle n’a pas le choix des suppressions d’emplois, voire même qu’il en irait de la survie de l’entreprise alors qu’elle engrange aujourd’hui des bénéfices par millions et qu’elle en reverse une énorme partie aux actionnaires" affirme leur porte-parole CFDT.


Pour le secrétaire départemental de SUD, « si nous sommes réuni-e-s aujourd’hui, si nous avons décidé ce rassemblement, c’est par ce que nous sommes sous le choc de ce qui vient de se passer à La Poste. Comment pouvions-nous rester inertes, alors que plusieurs collègues se sont donné la mort en invoquant la dégradation de leur vie au travail et en dénonçant un management par le stress, en raison d’une politique du toujours plus de rentabilité et toujours moins d’humanité ? Comment ne pas les entendre ! Comment pouvons-nous rester inertes alors qu’au-delà de ces dramatiques suicides, nous savons que dans tous les secteurs de la poste, d’autres agents sont en difficultés, en dépression, en arrêt de maladie car ils et elles ne sont plus en mesure de supporter les pressions du travail. Et combien ne disent rien et souffrent en silence ? Ca suffit !

Oui, Il est important d’être là aujourd’hui au moment même où Bailly reçoit les fédérations syndicales. Il est important de montrer que maintenant ça suffit, que nous ne voulons plus perdre notre vie ou notre santé à travailler.


Cette situation ne tombe pas du ciel, c’est une stratégie politique décidée en haut lieu, par le président Bailly, avec la complicité des politiques qui l’on nommé à ce Poste. C’est la même stratégie, la même machine à broyer qui avait été mise en œuvre à France Télécom !


Depuis 10 ans nous avons dans nos directions des nouveaux cadres stratégiques, souvent recrutés en externe, ils ont été recrutés avec un objectif de « productivité maximum et suppressions d’emplois maximum ». Je parle bien des cadres stratégiques, pas des cadres en général qui elles et eux souffrent aussi de la situation. Et, hélas aussi, les suicides de cadres sont malheureusement là pour en témoigner. Difficile de garder son humanité et en même temps d’appliquer des ordres de personnage qui eux ont oublié leur humanité.


Ces nouveaux cadres stratégiques, nous en avons de très bons exemplaires en Loire Atlantique, dans les étages du bâtiment qui est devant vous ! Vous pouvez les huer !


Pour arriver à leur fin, ils ont cassé les solidarités, tenté de casser les syndicats avec des licenciements, des sanctions démentielles (surtout certains). Ils nous ont trainés en justice, ils nous trainent dans la boue à chaque résistance, devant chaque blocage à coup de constats d’huissiers, comme il le fond d’ailleurs depuis mardi à Carquefou ou un huissier est présent en permanence au frais de la princesse
Ils vous ont divisé en séparant les métiers, en séparant les statuts. En instituant la notion de bons et de mauvais postiers ! Ils nous ont divisés en fermant les centres de tri, et en réorganisant les centres courriers les uns après les autres. Ils sont persuadés que nous ne sommes que des numéros, de la force de travail, des kilos euros comme ils disent dans les contrats de gestions !


Un exemple significatif, les intérimaires du Belem qui sont jetés comme des Kleenex après 15 ans de postes, licenciés comme des malpropres, alors que les besoins en emploi sont criants. Nous ne laisserons pas faire, nous irons en justice, nous avons interpellé Bailly qui ne répond pas, le maire de Nantes a lui-même demandé des explications au président de la poste, mais, malgré la situation, ce dernier reste enfermé dans sa tour d’ivoire et ne répond rien ! ll ne répond peut-être rien, mais nous, nous ne lâcherons rien !


Les conséquences de cette politique sont latentes depuis des années, ce ne sont pas les premiers drames liés au travail, que nous subissons. Cela n’a pas gêné la Poste, ni son président qui n’a pris aucune mesure pour y remédier. Ce président qui est d’ailleurs sous le coup d’une plainte de SUD pour homicide Involontaire.
Les drames, nous ne pouvons pas les faires disparaitre, faire revenir nos collègues, mais nous pouvons dire aujourd’hui que nous ne les laisserons pas continuer cette politique, que nous ne voulons plus de cette souffrance au travail, de réorganisations permanentes, de management par le stress ou parfois par la peur ! Maintenant ça suffit . Ils ont compté sur nos résignations, sur notre abandon face à leur rouleau compresseur ! Et bien aujourd’hui la meilleur réponse, c’est de montrer que, que nous ne sommes pas résignés, mais que nous sommes en colère et que cette colère, ils vont l’entendre ! Que s’il y un a moment pour prendre conscience, que face à cette politique il n’y a plus de guichetiers, de facteurs, d’agent de centres de tri, ou du Colis, mais des postières et postiers unis pour faire face, se battre et faire dégager ceux qui mène cette politique !


Oui nous accusions Bailly et ses sbires d’être coupable et responsable des drames. Pour nous c’est clair :
Cette situation doit cesser, l’emploi doit être prioritaire, les pressions managérial doivent cesser, le service public doit être préservé.
La Poste n’est rien, ses managers ne sont rien sans les personnels qui assument le boulot tous les jours ! Nous sommes la force de ce service public et rien ne peut être fait sans nous, sans nous respecter ! »

A son tour, le responsable CGT dénonce une situation locale « aggravée par l’arrogance affichée par la Direction du Courrier 44/85 qui n’a aucun respect pour les agents en souffrance comme pour les militants syndicaux ».
A l'issue des prises de parole des quatre syndicats, l'information tombe : reçues cet après-midi même par le président de la Poste, M. Bailly, toutes les fédérations syndicales viennent de claquer la porte en indiquant qu'elles ne participeraient plus aux simulacres de négociations qui accompagnent les réorganisations. Colère et désarroi se lisent sur les visages. Avec la certitude que rien ne bougera vraiment si la mobilisation ne grandit pas.

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