vendredi 4 mai 2012

Notre Dame des Landes : au 24ème jour de grève de la faim, l'Union syndicale Solidaires 44 s'adresse aux grévistes

Cher-e-s ami-e-s,


C’est avec émotion et une solidarité entière que le syndicat Solidaires salue les camarades en grève de la faim qui, individuellement et collectivement se sont engagé-es dans ce juste combat. Merci à toi, Michel qui en est aujourd’hui à ton 24ème jour de grève de la faim, tellement fatigué mais chaque jour plus déterminé, merci à vous Gilles, Marie, Séverine, Sandrine, Robert, sans oublier Marcel et Françoise qui vous ont précédé-es. Votre engagement, votre détermination imposent aux syndicalistes salarié-e-s que nous sommes le plus grand respect.


A vos côtés, comme beaucoup de salarié-e-s, nous avons d’abord été apprenant, et nous le sommes toujours. Comme beaucoup de salarié-e-s nous n’avons pas tout de suite pris la mesure des enjeux et de l’absurdité écologique et sociale du projet de construction d’un nouvel aéroport. Comme beaucoup de salarié-es, à votre contact et à celui de nos camarades syndicalistes de la Confédération Paysanne,


- nous avons maintenant compris que ce combat pour défendre le bocage de Notre Dame des Landes était un combat pour défendre l’emploi réel, pas virtuel ni précaire, non l’emploi réel de la centaine de paysans qui travaillent non « sur un terrain vague » selon la formule méprisante de l’actuel président de la république, mais sur les exploitations agricoles menacées d’expropriation et d'expulsion, avec près de 600 emplois induits.


- nous avons compris que ce combat était un combat pour défendre la terre qui nous nourrit et que cette terre maltraitée, rognée par centaines d’hectares chaque année (l’équivalent d’un département tous les sept ans) devait être protégée.


- nous avons appris que ce combat était un combat pour la démocratie, pour que celles et ceux qui décident acceptent la main qui leur est tendue depuis 24 jours et qu’ils ne se murent plus dans le silence, pour surtout qu’ils acceptent de voir la réalité en face et décident de se mettre autour de la table pour reprendre ce dossier à la base.


Pour l'Union Syndicale Solidaires, ce projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes est inutile et nuisible. Il doit être abandonné. La Déclaration d'Utilité Publique, fondée sur des données erronées, doit être annulée. Et, sans délai, les pouvoirs publics doivent s'engager à ce que rien d’irréversible en matière d’expropriation et d’expulsion ne soit mis en oeuvre tant que tous les recours n’ont pas été jugés.

Il faut tout remettre sur la table et cesser de faire croire que la crise écologique à l’œuvre, dont nous payons déjà le prix mais que nos enfants paieront au centuple si rien n’est fait, cesser de faire croire que cette crise n’appelle pas des changements majeurs en matière de gaspillage énergétique, de bétonnage des sols et de transport. L’annulation du projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes en doit être une des toutes premières et emblématiques décisions.



Avec la Confédération Paysanne, nous avons appelé l'ensemble des organisations syndicales à rejoindre cette lutte. A nos camarades syndicalistes salarié-es, nous redisons : prenez bien conscience des conséquences en matière d'emplois qu’aurait le transfert de Nantes Atlantique vers Notre Dame des Landes. N’oubliez pas les salarié-es d’Airbus.


Chacun de nous le sait, le combat sera sans doute encore long, âpre, rugueux. Mais c’est votre détermination, intacte malgré la souffrance des corps, qui non seulement nous prend au cœur mais qui, jour après jour, nous forge une volonté commune.

Alors, non à un nouvel aéroport ! On lâche rien, on lâche rien...

Recevez, cher-es ami-es, notre amitié et notre totale solidarité,


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