mercredi 12 septembre 2012

"Collectivement, nous pouvons imposer d’autres choix", déclaration du bureau national de Solidaires.


Le Bureau national de l’Union syndicale Solidaires, réunissant les fédérations et syndicats nationaux, s’est tenu le 6 septembre - Les représentant- es des organisations Solidaires ont analysé la situation sociale, précisé les revendications, réaffirmé la nécessité de l’unité d’action syndicale, débattu des propositions d’actions à faire aux autres syndicats, mis en avant le besoin d’un mouvement national coordonné rassemblant salarié-es du secteur public et du secteur privé, jeunes en formation, chômeurs/ ses et retraité-es - Il s’agit à la fois de défendre les revendications locales et professionnelles, et de construire une action nationale interprofessionnelle. Les délégué-es des fédérations et syndicats nationaux de l’Union syndicale Solidaires ont adopté la déclaration suivante...

Le rejet de Sarkozy et de ses ministres a conduit à un changement de gouvernement ; mais en dehors de certains discours et de quelques mesures symboliques, il n’y a pas de rupture dans la politique mise en oeuvre :

-L’absence de réévaluation conséquente du salaire minimum et des minimas sociaux avait déjà confirmé cette orientation qui ne répond pas aux urgences sociales et ne réduit pas les inégalités.

- La création d’emplois précaires, notamment dans l’Education nationale, là où il y aurait besoin d’emplois statutaires et stables, montre quel emploi d’avenir propose ce gouvernement : des contrats à durée déterminée sans réelle formation ni perspective de qualification. Si on excepte cette fausse solution, les effectifs de la Fonction publique et des entreprises publiques vont encore diminuer : là où il faudrait reconstruire les services publics, le gouvernement continue de supprimer des emplois, aggravant le chômage des jeunes. Il recrute ensuite, temporairement, d’autres jeunes qu’il précarise dans les administrations et les services publics !

 
- Les plans de licenciements, les fermetures d’entreprises (en partie repoussés par les patrons pour des raisons électorales) se multiplient : la compassion ministérielle n’est pas la réponse dont ont besoin les salarié-es, notamment les dizaines de milliers licencié-es ; il faut des actes, comme ponctionner les actionnaires qui se sont enrichi-es durant des années en profitant du travail de celles et ceux aujourd’hui menacé-es de licenciement, et imposer le droit de véto des représentant-es du personnel sur les licenciements collectifs.

- Des décisions symboliques visent à donner une image de changement comme le salaire des ministres et des dirigeant-es d’entreprise publique. Elles rompent avec l’attitude du Président bling-bling.

- D’autres choix tournent le dos au changement : l’annonce que le débat sur le gaz de schiste « n’est pas tranché », l’assouplissement de la circulaire Guéant sur les étudiant-es étrangers ne signifie pas l’arrêt des expulsions, de « grands projets » inutiles (comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes) ne sont pas stoppés...

En matières économique et sociale, quelques unes des mesures négatives du précédent gouvernement ont été détricotées : suppression des exonérations liées aux heures supplémentaires, alourdissement des cotisations sur des niches sociales et contribution exceptionnelle sur la fortune pour les gros patrimoines. Mais beaucoup restent en application. Par exemple, le départ à la retraite à 60 ans pour une partie des carrières longues n’annule pas les contre-réformes sur les retraites qui restent imposées à l’immense majorité, alors que la gauche qui gouverne maintenant les avait dénoncées.

La promesse de renégocier le traité européen interdisant un déficit budgétaire s’est transformée en demande d’un volet « croissance » au pacte de stabilité, qui ne change rien et laisse ce Pacte budgétaire inacceptable : le gouvernement a décidé de le faire voter tel que, en refusant tout débat démocratique !

Solidaires appuie les initiatives unitaires et appelle à manifester le 30 septembre pour refuser le Pacte et imposer la démocratie.

Imposons un meilleur partage des richesses Emploi, rémunération, santé, retraite, … il y a urgence !

L’organisation actuelle de la société repose sur un partage inégalitaire des richesses qui prend au plus grand nombre et donne à la minorité déjà très riche les moyens de spéculer. Nous en connaissons et subissons les conséquences : accroissement des dettes publiques, crise financière, transfert de la dette privée sur les États, austérité pour rembourser, crise économique, récession, … ce qui se traduit par toujours plus de pauvreté, de précarité, d’inégalité.

Le changement, c’est s’attaquer à la cause, imposer un meilleur partage des richesses. Le système économique en vigueur, le capitalisme, doit être remis en question. Des millions de chômeurs et chômeuses, de plus en plus de salarié-es, de jeunes et de retraité-es en situation de pauvreté : des mesures d’urgence doivent être prises et, à plus long terme, des orientations différentes mises en oeuvre.

Remettons les choses à l’endroit, priorisons les besoins collectifs et non l’intérêt d’une minorité ! Cela suppose de rompre avec les politiques actuelles. Aujourd’hui, tout est fait pour privilégier l’intérêt du patronat, des actionnaires, au détriment des besoins collectifs de celles et ceux qui, par leur travail, font tourner la société. Les institutions européennes et mondiales telles que la Banque Centrale Européenne, la Banque mondiale, le Fonds Monétaire International, servent et organisent cette politique.

En France, le gouvernement reprend un des thèmes favoris du MEDEF en parlant de la « compétitivité économique des entreprises » à travers « le coût du travail » … sans jamais parler de ce qui est le plus coûteux pour la société dans son ensemble : les dividendes versés aux actionnaires qui sont de plus en plus importants et provoquent licenciements, précarité, flexibilité, exploitation accrue. Pourtant, ce qui permet de produire toujours plus de richesses, c’est le travail de tous, pas le capital financier accaparé par une poignée !

Collectivement, nous pouvons imposer d’autres choix.


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L’Union syndicale Solidaires propose des revendications unifiantes Cette plate-forme revendicative n’est pas exhaustive. C’est une proposition à débattre avec tous les salariés-es.

Unité syndicale pour défendre les revendications de toutes et tous !
Suspension des plans de licenciements, droit de véto pour les Comités d’Entreprise, extension de l’obligation de CE aux entreprises de moins de 50 salarié-es. Arrêt des suppressions d’emplois dans la Fonction publique et les entreprises publiques. Ensuite, négociations nationales pour partager le travail, pour réduire le temps de travail à 32 heures hebdomadaires avec création d’emplois et sans perte de salaire ; création d’un statut du salarié - applicable à tous et toutes et financé par un fonds patronal mutualisé - pour garantir le maintien du salaire entre deux emplois et pendant les formations de reconversion.

Augmentation du SMIC et des minimas sociaux (1 700 euros), des allocations chômage et pensions de retraite. Ensuite, négociations salariales dans la Fonction publique et dans les branches (300 euros pour toutes et tous), création d’un revenu socialisé d’études. Droit à la santé pour tous, par des mesures immédiates supprimant les déremboursements, les tickets modérateurs, les forfaits hospitaliers…

Mise en place progressive d’une démocratie sociale à tous les niveaux dans la définition des besoins, la gestion et le fonctionnement de la Sécurité sociale. Annulation des contre-réformes sur les retraites. La décote, double peine pour les carrières incomplètes, doit être abrogée sans délai ! Adoption d’un plan de renforcement et d’élargissement des services publics, notamment dans les secteurs d’aide à la personne et dans des secteurs privatisés par les précédents gouvernements, avec les emplois statutaires et les moyens financiers nécessaires à la satisfaction des besoins collectifs sur l’ensemble du territoire.

Annulation de tous les cadeaux fiscaux faits aux plus riches et de l’alourdissement des impôts les plus injustes (TVA), mise en place d’une fiscalité juste. Cela passe par la priorité à l’impôt direct et progressif, la reconstruction d’une fiscalité directe locale juste, la lutte contre la fraude et les paradis fiscaux, la suppression du crédit-impôt recherche qui est détourné par les patrons, une harmonisation fiscale européenne et redistributrice. Dénonciation des traités européens qui organisent le pillage des populations au profit des patrons et banquiers ; non ratification du « pacte budgétaire ».

Ensuite organisation systématique d’un référendum avant toute éventuelle signature d’un nouveau traité européen … et respect du vote populaire. Abrogation des lois antigrève. Ensuite, création de droits nouveaux dans les entreprises, notamment pour que la liberté syndicale devienne une réalité partout.

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Construisons une action nationale interprofessionnelle






Le gouvernement n’entend pas remettre en cause les fondements de la politique économique et sociale menée depuis des années. Cela ne rend pas la chose impossible : mais il nous faut compter sur nos propres forces, celles de millions de salarié-es, en activité, au chômage, en formation, en retraite. Dans les entreprises et les administrations, des luttes sont menées. Un des rôles des syndicats est de les coordonner, de leur donner un débouché à travers un mouvement national permettant d’obtenir satisfaction sur des revendications urgentes et structurantes. Les luttes locales ne s’opposent pas à une action nationale, bien au contraire, elles contribuent à la construire.
Depuis 2010, l’intersyndicale nationale est « en panne ». Nous ne pouvons nous en satisfaire : l’unité syndicale est un élément important pour donner confiance aux salarié-es.

Voilà pourquoi dès juin, l’Union syndicale Solidaires proposait une rencontre nationale unitaire. Celle-ci doit être tournée vers l’action ! Lors des grands mouvements de ces dernières années, nous avons expliqué les limites des « journées d’action » successives quand il y a besoin et possibilité d’un mouvement national reconductible. Mais nous savons aussi qu’une telle dynamique se construit ; sans action nationale interprofessionnelle depuis de nombreux mois, il nous faut reconstruire.

Des actions, souvent unitaires, sont annoncées dans plusieurs secteurs professionnels, d’autres se décident dans les prochains jours (santé, cheminot-es, automobile, retraité-es, centres d’appel, finances publiques, industrie, etc.). C’est un appui pour construire une action nationale interprofessionnelle, qui demeure indispensable. C’est la proposition que l’Union syndicale Solidaires vient de faire, de nouveau, aux autres syndicats.


Un autre changement est possible !


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