mardi 5 mars 2013

Plus de 5000 manifestant-e-s en Loire Atlantique, déterminés pour que l'ANI ne soit pas transposé dans la loi !

le cortège de Solidaires dans la manif nantaise

Plus de 3000 manifestant-e-s à Nantes, 1200 à Saint Nazaire, 350 à Ancenis, 150 à Châteaubriant, malgré la période de vacances scolaires, la journée interprofessionnelle de mobilisation appelée conjointement par les UD CGT, FO, la FSU, Solidaires et le SEN (Syndicat des Etudiants Nantais) aura été l'occasion d'un premier coup de semonce à l'attention des parlementaires pour que l'ANI ne soit pas transposé dans la loi. Dans leur intervention, les porte-parole de Solidaires ont expliqué pourquoi cet accord signé sous la dictée du MEDEF est une insupportable régression sociale. Lire ci-dessous.

Les semaines passent, les mois passent, et rien ne va mieux. Au contraire, le chômage ne cesse de grandir et les emplois, industriels notamment, sont détruits par milliers. Côté salaire, c’est la soupe à la grimace, le gouvernement donnant lui-même l’exemple en refusant de maintenir le pouvoir d’achat des fonctionnaires et en poursuivant les suppressions de postes. C’est dans ce contexte que le gouvernement a décidé de transcrire dans la loi « l’accord national interprofessionnel pour un nouveau modèle économique au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels des salariés », signé le 11 janvier, sous la dictée du MEDEF, par CFDT, CGC et CFTC. 

Prise de parole de Solidaires à Chateaubriant

Cet accord n’est même pas un mauvais compromis car dans aucun domaine il n’y a d’avancée pour les salarié-e-s. Au contraire, en l’état, il entranerait la régression la plus importante des droits des salariés de ces trente dernières années. 

Cet accord c’est la généralisation du chantage à l’emploi pour imposer des baisses de salaires, une hausse de la durée du travail et la flexibilité des horaires avec de soi-disant « accords de maintien de l’emploi » qui ne garantiraient même pas qu’il n’y aura pas de licenciements ! ^

Cet accord c’est plus aucune limite aux mobilités imposées par l’employeur qui pourront s’étendre sur toute la France. Tous les trois ans, les employeurs devront négocier les limites fixées. En cas de refus du salarié, ce serait le licenciement automatique sans même bénéficier des mesures d’un plan social. 

Cet accord c’est la possibilité, sur simple autorisation de l’administration, de boucler en deux mois un plan de licenciements frappant jusqu’à 100 salariés et 3 mois entre 100 et 250 salariés, en réduisant à peau de chagrin les déjà maigres droits des comités d’entreprise pour faire obstacle aux licenciements. 

Cet accord c’est la réduction délais de recours au prud’hommes à deux ans pour les litiges concernant les contrats de travail et à trois ans pour ce qui concerne les salaires au lieu de cinq années actuellement. 

Et en échange ? Du vent, des promesses, rien de concret que garantirait la loi. Il en est ainsi des complémentaires santé, mise en avant par les signataires, quand la priorité devrait être de défendre la Sécurité Sociale. L’accord prévoit la généralisation en 2016 de l’adhésion à une complémentaire santé obligatoire, choisi par l’employeur, aux seuls salariés des branches professionnelles qui ouvriront des négociations avant le 1er avril 2013. Avec des niveaux inférieurs aux niveaux basiques que la Sécurité Sociale estime nécessaire pour la CMU. 

Ainsi pour les lunettes, l’accord MEDEF-CFDT prévoit 100 euros par paire de lunettes quand la CMU retient entre 178 et 428 euros pour les verres plus 131 euros pour la monture. Même chose pour les prothèses dentaires, la CMU retient 154 euros, l’accord CFDT-MEDEF 136,50 euros. Et tout est à l’avenant. 

Cet accord est donc bien, comme l’ont écrit les quatre syndicats départementaux CGT, FO, FSU et Solidaires « un véritable coup de poignard dans le dos des salariés ».  

Cher-e-s camarades, Ce qui est nécessaire, ce qui est urgent : c’est le développement de droits sociaux, c’est le droit de veto des CE sur les licenciements, c’est l’augmentation des salaires et des pensions. Tout le contraire de ce fameux ANI qui facilite les licenciements là où il faut les interdire et qui organise la dérèglementation par le bas en poussant à des accords d’entreprises dérogatoires au Code du travail. 

C’est pourquoi nous nous y opposons, c’est pourquoi vous avez raison de vous être mobilisés aujourd’hui pour affirmer haut et fort, et notamment à destination de parlementaires : cet ANI ne peut pas, ne doit pas être transposé dans la loi.

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