jeudi 11 avril 2013

9 avril : 3000 manifestant-e-s en Loire Atlantique pour réaffirmer leur opposition à l'ANI "Cet accord de la honte, tout au profit du MEDEF, sera suivi d’autres mauvais coups contre les salarié-e-s si nous laissons faire"


Intervention de Solidaires – Nantes le 09 avril 2013 

Le projet de loi de sécurisation de l’emploi suite à l’accord Wagram signé entre le MEDEF et les syndicats CFDT, CGC et CFTC entraînerait la régression la plus importante des droits des salariés de ces trente dernières années. Ce projet a pour but la généralisation du chantage à l’emploi pour imposer des baisses de salaires, la hausse de la durée du temps de travail et la flexibilité qui ne garantissent même pas contre les licenciements ! 

Aucune limite aux mobilités n’est imposée aux employeurs ; seule la négociation tous les 3 ans leur est demandée, avec qui ? Avec une CFDT ayant obtenue des postes en haut lieu ! 

Les salarié-es refusant la mobilité seront licencier automatiquement sans même bénéficier des mesures d’un plan social, d’un licenciement économique. 

Ce projet, c’est la possibilité, sur simple autorisation de l’administration, de boucler en deux mois un plan de licenciements frappant jusqu’à 100 salariés et 3 mois entre 100 et 250 salariés, en réduisant à peau de chagrin les déjà maigres droits des comités d’entreprise pour faire obstacle à ces licenciements. 

Ce projet, c’est la réduction des délais de recours aux prud’hommes à deux ans pour les litiges concernant les contrats de travail et à trois ans concernant les salaires au lieu de cinq années à partir de juin 2013 ; c’était 30 ans avant juin 2013.


L'échange ? Du vent, des promesses, beaucoup de moins pour les travailleur-ses Il en est ainsi des complémentaires santé, mise en avant par les signataires, quand la priorité devrait être de défendre la Sécurité Sociale. L’accord prévoit la généralisation en 2016 de l’adhésion à une complémentaire santé obligatoire, choisi par l’employeur, aux seuls salariés des branches professionnelles qui ouvriront des négociations avant le 1er avril 2013. Avec des niveaux inférieurs aux niveaux basiques que la Sécurité Sociale estime nécessaire pour la CMU. Qu’en est-il de celles qui n’ouvriront pas ces négociations ! Tout est à l’avenant. 

Ce projet est donc bien, comme l’ont écrit les quatre syndicats départementaux CGT, FO, FSU et Solidaires « un véritable coup de poignard dans le dos des salariés ». 

Pour Solidaires, ce qui est nécessaire, ce qui est urgent : 
 C’est le développement de droits sociaux ; 
C’est le droit de veto des CE sur les licenciements ; 
C’est Conserver et améliorer les droits des CHS-CT.  
C’est augmenter les salaires, les pensions et les minimas sociaux. Il en est tout autre dans ce projet de loi qui facilite les licenciements là où il faut les interdire, qui organise la déréglementation par le bas en poussant à des accords d’entreprises dérogatoires au Code du travail. 

C’est pourquoi nous nous opposons à ce projet indigne de notre gouvernement et des organisations syndicales telles la CFDT, la CGC et la CFTC, signataires avec le MEDEF en échange de leur maintien sur l’échiquier des négociations quelques soient les élections des salarié-es. Vous avez raison de vous être mobilisés aujourd’hui pour affirmer haut et fort, et notamment à destination des parlementaires que ce projet de loi ne doit pas passer, Que le code du travail doit être défendu bec et ongle face à une oligarchie qui ne pense qu’à ses propres intérêts. 

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Intervention de Solidaires – Ancenis le 09 avril 2013 

« Le changement, c’est maintenant ! », « mon adversaire, c’est le monde de la finance », « il faut moraliser la vie politique »… voici quelques uns des slogans lancés, le temps d’une campagne électorale par celles et ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui. Il s’agissait de faire croire que le temps de l’exécré gouvernement précédent était révolu et qu’enfin un peu de justice sociale serait rendue à la population modeste de ce pays. Hélas, il n’aura pas fallu longtemps pour se rendre compte que ce gouvernement - comme les précédents - est bien moins attaché aux intérêts des salarié-e-s qui constituent son principal électorat qu’aux lobbies, ceux des magnats de la pharmacie, de Vinci et de bien d’autres encore, plus attachés aux banquiers ou aux grands patrons voyous qui licencient pour accentuer les profits de leurs actionnaires. 

Patrons et banquiers peuvent se rassurer : en faisant adopter « la règle d’or » budgétaire, François Hollande leur a clairement indiqué que ce ne sont pas eux qui seront mis à contribution mais que c’est bien la population salariée active, précaire ou au chômage, retraitée, scolarisée qui devrait supporter les rigueurs de l’austérité. Les emplois annoncés tardent à arriver. 

Dans le Public, les embauches annoncées dans certains secteurs comme l’Education Nationale se font au détriment de l’emploi dans d’autres secteurs. 

Dans le Privé, les vagues de licenciements se succèdent, y compris dans des entreprises faisant des bénéfices. 

Face à ces plans sociaux et aux drames humains qu’ils entraînent, le gouvernement ne fait rien sinon mettre en avant un ministre « du redressement industriel » qui se contente de gesticuler et un ministre de l’Intérieur qui menace les salariés qui défendent leur emploi. 

C’est dans ce contexte que les « accords de Wagram » signés entre le MEDEF et ses indécrottables laquais que sont la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC sont mis en musique par les député-e-s. Loin de permettre « la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels des salariés », l’Accord National Interprofessionnel va, au contraire accentuer de manière dramatique la flexibilisation du marché du travail, déjà très flexible après trente années de démantèlement progressif et continu des droits des salarié-e-s. Cette logique faisant de l'emploi et des salaires de simples variables d'ajustement au service des intérêts capitalistes se poursuit avec cet accord en ouvrant un boulevard pour procéder à des licenciements et en institutionnalisant le « chantage à l’emploi » qui est une porte ouverte à toutes les régressions sociales pour les salarié-e-s. 

Cet accord non seulement ne créera pas d’emploi, mais généralisera et aggravera l’insécurité sociale pour des salariés qui devront choisir entre de nouveaux sacrifices en terme de rémunération (baisse ou gel des salaires), de modification du temps de travail (chômage partiel, travailler plus pour gagner moins), de mobilité forcée, ou le licenciement. Dans le même temps, l'employeur se verra, lui, exonéré de ses obligations aujourd'hui prévues par le Code du Travail. 

Cet accord de la honte, tout au profit du MEDEF, sera suivi d’autres mauvais coups contre les salarié-e-s si nous laissons faire. A la veille de nouvelles négociations sur l’avenir des régimes de retraites et en attendant celles sur la Sécurité Sociale, le gouvernement a truffé ses ministères de conseillers issus de la bureaucratie CFDT et porte-flingues du patronat. Les actuels retraités en ont déjà fait les frais en voyant leur pouvoir d’achat réduit. La régression sociale, l’austérité ne sont pas une fatalité. La seule réponse possible doit être une mobilisation de masse prolongée pour imposer un droit de véto des salariés contre les licenciements, un équitable partage des richesses que nous produisons et un autre modèle de société. Il faut établir des liens de solidarité entre les travailleurs du public et du privé. L’action collective permettra aux salarié-e-s de sortir du repli sur soi, de l’individualisme et de la peur de l’autre qui font le lit des réactionnaires de tous poils 

Nous n’aurons que ce que nous saurons prendre.

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