mercredi 13 septembre 2017

NANTES- 12 SEPTEMBRE 2017- INTERVENTION DE L'UNION SYNDICALE SOLIDAIRES DE LOIRE-ATLANTIQUE.



    

                         CONTRE LA LOI XXL, MOBILISONS-NOUS XXXL !


            En 2016, avec le soutien de 75% de la population, nous nous sommes mobilisés pour l'abrogation de la Loi Travail qui remettait en cause les droits des salarié-e-s.
Emmanuel Macron, tout juste élu, veut faire pire et faire passer au pas de charge, par ordonnances, une loi 100% patronale qui constitue une véritable arme de destruction massive de l'emploi.
            Les 5 ordonnances publiées le 31 Août reprennent 3 fondamentaux du MEDEF : 1/détruire les outils de défense des salarié-e-s , des prud'hommes aux institutions représentatives du personnel (IRP);2/annihiler le Code du travail par l'inversion de la hiérarchie des normes; et 3/ faciliter encore plus les licenciements.
            S'il fallait encore se convaincre de la gravité des attaques contenues dans les ordonnances, il suffirait de constater la satisfaction du MEDEF avec un Pierre Gattaz qui, lui-même, se dit être sur un nuage depuis l'élection de Macron, ou d'écouter le commissaire européen" en charge de l'euro et du dialogue social" se féliciter de la nouvelle Loi Travail en France qui, dit-il," répond directement à l'analyse de Bruxelles sur les rigidités de l'économie française".

Oui, camarades, on ne saurait être plus clair sur l'ampleur inégalée des attaques que contiennent ces ordonnances qui prolongent et aggravent la loi El Khomri dont nous continuons à exiger l'abrogation!

            L'inversion de la hiérarchie des normes qui donne la primauté aux accords d'entreprise sur le Code du travail et les conventions collectives y est poussée jusqu'au bout au point qu'il n'y a plus de norme du tout! C'est l'inversion de la hiérarchie des normes au service de la flex-précarité, avec le retour à l'individualisation complète du contrat de travail.. Les ordonnances prévoient que demain un accord d'entreprise s'appliquera à toutes et tous. Il n'y aura nul besoin de signer un avenant au contrat en cas de modification du temps de travail et de la rémunération. Celles et ceux qui refuseront seront licencié-e-s sans indemnité et sans recours! C'est, de fait, la fin du contrat de travail!
            Les ruptures conventionnelles collectives vont devenir possibles. Quand on sait que les ruptures individuelles, plus de 2 millions à ce jour, étaient déjà massivement utilisées pour des licenciements déguisés, il sera maintenant possible pour les patrons de faire pression pour imposer ce mode de départ soi disant volontaire, par accord d'entreprise sans passer par les obligations du plan de sauvegarde de l'emploi ( PSE).

            Ces ordonnances, c'est aussi l'affaiblissement considérable des droits des salarié-e-s avec la fusion des IRP et la disparition des CHSCT, accompagnées de la possibilité pour les employeurs d'organiser des référendums dans les entreprises de moins de 50 salarié-e-s. C'est clairement la volonté de réduire à néant le rôle des organisations syndicales et de faire régner la toute-puissance patronale.
            Pour l'Union syndicale Solidaires, ces ordonnances qui détruisent le Code du travail, menacent le CDI, laissant à la jeunesse toujours plus de chômage et de précarité, ne sont ni négociables, ni amendables. Elles doivent être purement et simplement abandonnées !

            Ces ordonnances sont le prélude à d'autres attaques qui constituent des régressions sociales majeures.

C'est déjà la réduction desAPL, l'augmentation de la CSG qui signifie 300 euros en moins pour les retraité-e-s et les fonctionnaires, c'est la suppression de dizaines de milliers d'emplois aidés mettant en difficulté les collectivités territoriales pour assurer des missions élémentaires de service public, et mettant en péril tout le secteur associatif.
Ce sont de nouvelles attaques d'ampleur contre les fonctionnaires avec la suppression programmée de 120000 emplois, le blocage des salaires avec le gel du point d'indice, le rétablissement du jour de carence en cas d'arrêt maladie....

            Et ce président, dont l'arrogance et le mépris de classe sont à la mesure de la chute abrupte de sa popularité, en nous qualifiant  depuis l'Acropole d'Athènes, "berceau de la démocratie"  de "cyniques et fainéants" qui refusent ses contre-réformes, ne compte pas s'arrêter là! Sur fond d'institutionnalisation de l'état d'urgence, il veut frapper vite et fort en s'attaquant ensuite aux retraites, à la formation professionnelle et à l'assurance-chômage.

            En véritable fondé de pouvoir du MEDEF, Macron veut réaliser son vieux rêve: en finir avec notre "modèle social" hérité du programme du Conseil National de la Résistance (CNR), celui des "Jours Heureux"!
             

            Face à cette contre-révolution néo-libérale que Macron et son gouvernement veulent nous infliger, synonyme d'un retour au 19ème siècle, l'urgence, pour Solidaires, est de construire un front commun de lutte, un front de résistance sociale et démocratique.
L'urgence est d'unir, sans exclusive, toutes les forces syndicales, associatives et politiques, dans le respect mutuel de leurs spécificités, de faire converger tous les secteurs des salarié-e-s du privé comme du public, précaires, privé-e-s d'emploi et retraité-e-s, sans oublier les jeunes, non seulement pour assurer la réussite de cette journée, dans un 1er temps, mais aussi et  surtout pour engager une contre-offensive unitaire et prolongée.
            Camarades, ne nous faisons aucune illusion! cette journée du 12 septembre, aussi forte soit-elle, ne suffira pas!
Si nous voulons stopper la mise en oeuvre du programme anti-social de combat de Macron and Co, il faudra frapper plus fort, fixer d'autres échéances de mobilisation, d'autres rendez-vous come le 21 septembre, veille du Conseil des ministres qui doit valider les ordonnances, d'autres dates de manifestations, construites en commun.
            Ne nous voilons pas la face! Si nous voulons gagner, faire rendre gorge à Emmanuel Macron et à ses commanditaires du MEDEF et du capital, il faudra nous en donner les moyens et , pour ce faire, indiquer la perspective d'une grève générale paralysant le pays , en bloquant son activité économique.
            A nous, tous ensemble, de préparer dès maintenant cette perspective, car elle est la seule susceptible de les faire céder, en en débattant dès demain, en Assemblées Générales, dans les entreprises, les ateliers, dans les administrations, dans les établissements scolaires et universitaires.

                        Ce n'est qu'à ce prix que nous," les cyniques, les fainéants, et  les moins que rien," nous gagnerons et ferons ravaler à Macron et consorts leur morgue insupportable!

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